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Baliseur

Un jour d'été du début des années 90, je ne me trouve pas loin des Vieux Moines, sur les Rospects. J'attends des plongeurs. Je suis à la barre du vieux Cadet-Roussel et je surveille mes palanquées. Au sud des vieux moines, deux silhouettes famillières de la mer d'Iroise se croisent. Il s'agit du baliseur Georges de Joli et d'une des goéllette de la marine. Quelques mètres sous leurs quilles se trouve une des plus fameuses épaves de la région, le sister ship du baliseur, l'Emile Allard.

Lancé au Havre en 1933 au chantier Augustin Normand, l'Emile Allard est long de 47,25 mètres, large de 9,30 mètres et est équipé de deux moteurs diesel électrique. Il est affecté à la station des phares et balises de Dunkerque jusqu’en 1940. En juin 1940, il est réquisitionné à par les Allemands au profit de la Kriegsmarine et affecté à Brest. Attaqué par 5 chasseurs bombardiers de la RAF le 14 avril 1943, Il est touché par deux bombes et coulé. Deux marins français sont tués et deux grièvement blessés.

Le site est facile à trouver, le point de la carte marine étant proche de l'épave. Un bon sondeur fera le reste. Le port le plus proche est le Conquet. Il y a souvent du courant, une étale est donc préférable. Se mettre à l'eau une heure avant l'étale est l'assurance d'une plongée tranquille.

Suite aux bombardements, l'arrière a été détruit. On peut encore reconnaitre les deux machines diesel et les génératrices. La poupe est aussi encore reconnaissable. Devant les machine, sur tribord, le pont sort du sable. Jusqu'à peu de temps, la grue était encore debout. Le temps a fait son effet, la flèche est encore bien droite, mais elle pointe maintenant vers le fond. La proue et l'énorme guindeau de pont avant tiennent encore en l'air, soutenus par des structures de plus en plus fragiles.

Saracen

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Columbian

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Katengo

Le Katengo est à la plongée sportive ce que la carrière est à la piscine, une sorte d'aboutissement. C'est est une épave profonde, à la limite du faisable à l'air.

Le point est facilement relevable avec un bonne carte marine, au sud des Pierres Noires. Le plus facile pour s'y rendre est de partir du Port du Conquet. Avec une étale de marée c'est mieux, mais les courants ne sont pas trop violants au large, une étale de basse mer est préférable pour limiter la profondeur autant que possible. Il faut prévoir une bonne longueur au mouillage, une centaine de mètres est un bon chiffre.

Vu la profondeur, il convient de bien se préparer avec un binome bien connu et sur. Un bloc au pendeur sera une bonne sécurité, au cas ou! Il faut aussi une bonne visibilité dans l'eau et un bon phare apportera ce qui manque le plus sur cette épave, un peu de lunière. Le fond est bien plat autour du Katengo et le sondeur donnera une bonne indication de sa présence avec un écho pouvant dépasser 10 m au dessus du fond.

En général, le mouillage est à proximité de la machine, point culminant. Sur les grosses plongées comme le Katingo, je prends toujours bien soin de préparer le mouillage pour la remontée avant d'entamer la promenade. Donc, il faut sortir celui-ci de l'épave ou mieux, le laisser amarer de façon qu'il se largue facilement en tirant dessus à la verticale.

La machine est un vrai monstre, posée parfatement droite, avec tous les éléments mécaniques encore en place. Comme si la mer avait pris soin d'effacer tout ce qui était autour, en gardant cette pièce intacte. L'ami David a fait de magnifique photo en noir et blanc, qui font ressortir l'ambiance. Le reste de l'épave est à plat, il n'y a pas de danger particulier. La faune est d'une taille respectable, les lieux notemment semblent en excellente santé et à l'abri des pêcheurs.A cette profondeur là, les minutes passent trop vite et arrive le moment de remonter. Le mouillage ayant été bien préparer qu départ, il suffira de s'assurer que rien n'a changé avant de quitter le fond. La ligne en main, quelques longs moments au palier s'annoncent. Il m'est arrivé de voir des dauphins pendant ces quelques minutes d'arrêt obligatoire, ce qui donne une note particulière à ce lieu.

Basse Vandrée

La basse Vandrée est une de mes plongées favorites. Il faut de bonnes conditions météo pour faire cette jolie ballade, vu l'éloignement. Il faut privilégier une étale de marée, les courants sont parfois fort à la sortie de la rade. La basse mer conjuguée à une absence de houle permettent de faire ses paliers en haut de la roche, c'est pratique et rassurant si on ne retrouve pas son mouillage...Les ports les plus proches sont Le Conquet et Camaret. Le point peut-être relevé sur la carte marine. En arrivant, il faut se mettre au sud de la roche et remonter vers le nord. Les fonds passent de 40 m à moins de 10 m instantanément. Il faut continuer encore un peu pour trouver des fonds de 5 m pour mouiller en sécurité. Pour ne pas retrouver son bateau avec son mouillage pendu dans l'eau, il vaut mieux mouiller loin du bord du tombant...!Après la mise à l'eau et la descente le long du mouillage, la première précaution est de sécuriser le mouillage dans une faille. Je commence toujours la plongée par le coté sud ouest, ça tombe à 40 m avec de gros blocs en surplomb, très impressionant. En arrivant au fond, il y a des restes d'une chaudière auxiliaire. En s'éloigant du tombant, vers l'ouest, à environ 50 m, on trouve les restes d'un étambo, avec l'hélice, le tout parfaitement vertical. La ligne d'arbre sort du fond quelques mètres plus loin, en remontant vers le nord. Sur la droite, il y a l'hélice de secours dont l'ami Arnauld a fait une photo magnifique. Posée sur le fond, elle semble prête à tourner pour nous révéler son histoire. Suivant la ligne d'arbre, qui n'en finit pas de remonter, en passant dans une grande faille, la machine nous accueille. La profondeur est de 25 m, ce qui laisse un peu de temps pour se promener sur ce petit plateau, où trônent les vestiges des deux bateaux coulés ici l'un sur l'autre.Le premier, celui le plus proche du tombant serait le Forest Castle coulée sur place: Le vapeur anglais Forest Castle effectuait une traversée de Bilbao à Rotterdam avec un chargement de minerai de fer quand le 13 Février 1909, il heurtait le récif de la Vandrée au large de la pointe St Mathieu et sombrait. Neuf membres de son équipage trouvèrent la mort dans ce naufrage.Le deuxième est probablement le Carfin: In the matter of a formal Investigation held at Glasgow, on the 13th and 14th days of January 1886, before ALEXANDER ERSKINE MURRAY, Esquire, assisted by Captain WILLIAM CURLING and Captain D. R. COMYN, into the circumstances attending the stranding of the British steamship "CARFIN," of Glasgow, near Point St. Mathieu, Finistere, France, on or about 25th December 1885. The Court, having carefully inquired into the circumstances attending the above-mentioned shipping casualty, finds, for the reasons stated in the annex hereto, that the casualty was to a certain extent due to over confidence on the master's part, but taking all the circumstances into consideration, including the captain's excellent character and long services in the same employment, do not consider it necessary to deal with his certificate, but recommend him to be more careful in future.On rejoint le bas du tombant et on passe sous les tôles de bordés, appuyées contre le tombant. Au bout de ce large tunnel, il y a souvent un homard. Celui qui était là le jour de notre dernier passage était colossale. Ces pinces dépassaient largement la taille de mes mains gantées d'épais néoprène. Impressionant. Le retour vers le mouillage se fait en admirant le tombant, main gauche. Les quelques paliers se terminent entre les laminaires, à la recherche du mouillage, que l'on fini toujours par retrouver.